Un polar au jardin d’acclimatation

Il s’en passe, des choses louches, au jardin d’acclimatation… Je suis fière de partager avec vous la nouvelle policière écrite les CE2 SB de l’école Duplanloup. Ils l’ont imaginée au cours d’un atelier d’écriture animé par ma pomme et je peux vous assurer que les idées fusaient ! Pour choisir entre toutes ces possibilités, on devait voter à main levée. Les enquêteurs-écrivains ont profité du confinement pour illustrer leur histoire. Et voici donc « Touché-coulé » en ligne, enfin visible !

Touché-coulé au jardin d’acclimatation

Le 14 juillet à minuit, les caméras de surveillance du jardin d’acclimatation tournent. Alors que tout le monde est occupé à regarder le feu d’artifices à l’autre bout du jardin, deux ombres s’avancent en silence du côté de la rivière des bateaux. Un bruit de perceuse retentit. Puis les bateaux commencent à couler les uns après les autres.

Le samedi 15 juillet à 10 heures du matin, Barbara, une lycéenne de 16 ans, blonde aux cheveux bouclés, arrive au jardin d’acclimatation en compagnie de Lucas, un garçon de sa classe. Autour d’eux gambade Chouquette, la chienne de Barbara, un magnifique berger allemand doté d’un très bon flair. Avec ses chaussettes dépareillées, ses lunettes de vue marron, ses quelques poils de barbe au menton, Lucas est un garçon peu spécial. Comme il est le fils du directeur du jardin, Lucas en a profité pour inviter gratuitement Barbara ce matin. Elle le voit comme un copain, mais elle se doute qu’il est un peu amoureux d’elle. D’ailleurs, il n’arrête pas de lui parler de tout et de rien…

–  Barbara, tu ne dis rien… Ça va bien ?

– Oui oui.

– Qu’est-ce que tu fais ce soir ?

– Oh rien.

– Alors est-ce que je peux t’inviter à manger ?

– Non.

– Pourquoi ?

– J’ai des devoirs à faire.

– Alors une autre fois.

– Oui, peut être.

Elle s’ennuie un peu. Soudain des cris retentissent.

– Au secours ! Les bateaux ! Les bateaux ont disparu !

Barbara reconnaît cette voix. C’est celle du directeur du jardin.

Aussitôt Barbara et Lucas, suivis de Chouquette, se précipitent vers la rivière des bateaux. Effectivement, il n’y en a plus aucun. Que s’est-il passé ?… Ça ne peut pas être un accident ! Le directeur est là, en larmes. Il est en train d’enlever ses habits.

– Il faut plonger pour voir si les bateaux sont dans l’eau ! Ils ont peut être été coulés !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il plonge. Il remonte presque aussitôt.

– Les bateaux ! Ils sont tous en bas !

– Papa… dit Lucas.

Le père n’écoute pas. Il remonte sur la rive, se rhabille.

– Je vais vous aider à retrouver le coupable, promet Barbara.

– Oui, merci ! sourit le directeur, reconnaissant.

–Papa, papa… répète Lucas.

Mais le père n’écoute toujours pas.

Ils sont vraiment bizarres ces deux-là. Mais Barbara n’a pas le temps de s’attarder sur la question. Il faut mener l’enquête. Et comme elle a déjà une certaine expérience, elle commence par inspecter attentivement les alentours de la rivière. Sa chienne Chouquette, qui est sa fidèle adjointe, lui apporte un petit bout de hamburger, un vieux marteau et une baguette de magicien qui flotte près de la rive. Soudain Barbara voit des traces de pas dans la terre encore humide. Comme c’est étrange… Les empreintes semblent mener vers la maison du magicien, cachée de l’autre côté du jardin. Laissant Lucas et son père se lamenter ensemble sur les bateaux détruits, elle décide d’aller voir le magicien. Cinq minutes plus tard, elle sonne à sa porte. Il lui ouvre, encore en pyjama.

– Où étiez-vous hier ? demande Barbara au magicien.

– J’étais au feu d’artifices, pourquoi ?

– Quelqu’un a saboté les bateaux. On se demande bien qui c’est.

– J’étais avec le vétérinaire ! Demandez-lui.

Barbara téléphone au vétérinaire, qui confirme. Quand le feu d’artifices a éclaté, ils étaient au milieu de la foule ! Des dizaines de personnes peuvent en témoigner.

– J’aimerais beaucoup vous aider, dit le magicien, mais je dois réviser mes tours. Désolé.

En sortant de chez le magicien, Barbara est perplexe. Son alibi est solide, ça ne peut pas être lui… Il faut retourner à la rivière pour aller chercher les indices et les apporter à la police. Une analyse de l’ADN et des empreintes digitales pourrait peut-être révéler qui a laissé traîner ce bout de hamburger et à qui appartenait le marteau… Lucas et son père sont partis. Elle cherche le long de la rivière mais impossible de retrouver les indices… ils ont mystérieusement disparu ! Et soudain elle voit Gaspard, l’ami de Lucas, un joli garçon qui est aussi dans sa classe.

– Bonjour Gaspard, qu’est-ce que tu fais là ?

– Je cherchais Lucas, répond nerveusement Gaspard en mettant vite les mains dans les poches. Et toi ?

–Dis, reprend Barbara, tu veux bien qu’on s’asseoie dans l’herbe pour discuter des bateaux qui ont coulé hier ?

– oui je veux bien.

Il regarde sa montre et dit :

– ouh là là non, je suis en retard pour mon déjeuner avec mes parents ! Au revoir !

– Au revoir Gaspard.

Barbara, étonnée, le regarde s’éloigner quand, soudain, Chouquette lui apporte un tout petit bout de tissu déchiré.

– Qu’est-ce que c’est que ça ? demande Barbara. Tu m’apportes n’importe quoi !

Chouquette secoue la tête et l’invite à la suivre. Avec son odorat super développé, elle a découvert à qui appartenait ce bout de tissu et… elle la mène tout droit dans la maison du directeur, de l’autre côté du parc !

Barbara toque à la maison du père de Lucas. Elle regarde par la porte entrebaillée, il n’y a personne ! Un tee-shirt sale, mouillé et déchiré est posé sur le radiateur à l’entrée. Elle entre à pas de loup. La porte de la chambre de Lucas est entrouverte, il est là ! Assis à son bureau, le téléphone à l’oreille, il regarde par la fenêtre. Heureusement, il ne l’a pas vue. Par terre, traînent plein de sachets de hamburger. Et si c’était à lui, le bout de hamburger trouvé près de la rivière…

Barbara est dans le couloir. Elle espionne, tentant de faire le moins de bruit possible. Soudain le téléphone de Lucas sonne.

– Allô Marguerite ?

Lucas a mis le haut-parleur. Marguerite est la maman de Gaspard, Barbara la connaît bien car elle est aussi professeure au lycée.

– Fais gaffe à toi parce que mon fils sera puni à cause de toi ! Fais moins le malin parce que toi aussi tu seras puni !

– Peut-être que moi je serai puni mais toi aussi tu seras punie parce que mon père ne te parlera plus jamais !

Marguerite rétorque :

– Je n’aurais jamais dû dire oui pour que mon fils t’aide à couler les bateaux. J’ai dit oui à mon fils parce que j’en avais assez que ton père me suive partout !

Lucas ronchonne :

– Oui, mais…

Il reste en silence. Il ne sait que répondre.

Barbara s’enfuit. Le lendemain, au moment de la récré, elle va voir Gaspard dans la cour du lycée.

– Je sais tout ! s’exclame-t-elle. Tu es le complice de Lucas !

– J’ai rien fait et Lucas non plus espèce de grosse menteuse, rétorque Gaspard.

– J’ai entendu Lucas au téléphone, t’es qu’un mytho, riposte Barbara.

– J’étais au feu d’artifices, proteste Gaspard.

– Même pas vrai, j’y étais mais tu n’y étais pas, déclare Barbara.

– Bon j’avoue, on est coupables, marmonne Gaspard.

Le lendemain matin, pendant que Lucas est à l’école, elle va trouver le directeur du parc chez lui pour tout lui raconter.

 – Mais c’est la vérité monsieur le directeur !

– Je ne te crois pas, s’agace le directeur. Mon fils ne ferait jamais ça !

– Partez voir la chambre de votre fils.

Le directeur arrive dans la chambre.

– Mais ce n’est pas possible !

– Mais si, mais si, insiste Barbara. J’ai retrouvé un morceau de hamburger près de la rivière aux bateaux et il y a plein de sachets de hamburgers sur le sol. Lucas a un tee-shirt déchiré et ma chienne Chouquette a trouvé un morceau de tissu de ce même tee-shirt sur les lieux du crime.

– Non ! s’indigne le directeur. Ça ne prouve rien.

– Papa, j’arrive !

En entendant cette voix, le directeur se retourne. Lucas arrive, suivi de Gaspard.

– Lucas, c’est toi ?…

– Oui, c’est moi.

– Mais pourquoi ?

– Parce que tu ne t’occupes pas de moi. Tu ne t’intéresses qu’à ton parc ! Tu ne pars jamais avec nous en vacances ! Et les vacances, c’est nul sans toi. Maman ne sait même pas faire griller de la viande au barbecue. Elle fait tout brûler. J’en ai marre !

Le directeur écarquille les yeux. Son propre fils… S’il s’attendait à ça !

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